Je passe souvent pour un connard pédant mais j’ai cette phrase en horreur et je le dis.
Au travail ou dans certains de mes cercles privés, j’entends cette phrase quotidiennement. Je vais, à nouveau, m’en prendre à un biais cognitif trop répandu. De mon point de vue ce mode de pensée nous pousse à la complaisance : tant qu’il y a pire, ça va.

Le règne de la mauvaise foi. J’ai entendu récemment une connaissance se plaindre qu’il avait été flashé par un radar mobile:

« C’est dégueulasse, je ne roulais pas si vite que ça! Ils feraient mieux de s’en prendre aux mauvais conducteurs au lieu de nous raquetter. »

J’en suis certain, on vous l’a déjà dit.

Ce que je perçois dans ces discours, c’est que tant que quelqu’un triche plus ou commet une faute plus grave, tout devrait être pardonné. Si il y a bien une chose que j’ai apprise en ligne, c’est qu’il y a toujours quelqu’un de plus ______ que nous (vous pouvez combler le blanc avec le thème de votre choix).
« Il y a pire » fait diversion, c’est une facilité intellectuelle, le « c’est lui qui a commencé » de l’argumentation. On pointe l’autre du doigt pour éclipser notre abus. On tord les règles et la morale, « ça va aller, ce n’est pas si grave que ça ». Croyez vous qu’il s’agisse d’un délit sans victime? Lorsque quelqu’un fraude de quelque manière que ce soit, il fait porter le coût de son gain sur le reste de la communauté.

Rouler trop vite fait planer un risque sur les autres usagers autant que soi. Quoi que vous en pensiez, personne n’est aussi bon conducteur que ce qu’il croit, bisous à tous les pilotes.

Prétendre sur la déclaration d’impôts ne pas posséder de TV, fait supporter le coût des média publiques par les autres contribuables.

Les petits ruisseaux faisant les grands fleuves, la multitude des petits abus présentent une facture tout aussi grave que les gros abus, bien moins nombreux. Évidemment, vous ne pourrez pas forcer un homme politique à rendre l’argent et bien agir ne sauvera pas le monde en une fois. Cependant vous pouvez ne pas commettre d’abus et alors donner l’exemple. Pour donner des leçons, le mieux est quand même de suivre les règles soi-même.

Pour aller plus loin dans la démonstration, retournons le raisonnement. Au travail, un responsable brime un stagiaire et lui impose une pression abusive. Ce dernier prend sur lui et attend que ça passe, pourtant les choses empirent insidieusement. Jusqu’au jour de la réprimande de trop où le stagiaire décide qu’il est temps de parler. Le stagiaire s’adresse donc au délégué du personnel dans l’espoir d’obtenir du soutien, un conseil. C’est alors que pour toute aide, il obtient, dans un haussement d’épaules:

« C’est comme ça partout, tu sais. [silence] Il y a même des endroits ou c’est pire… ».

Il s’agit d’une histoire vraie. Celle d’un jeune homme en alternance qui comptait sur cette expérience d’un an pour bien commencer sa carrière et trouver sa place dans un bureau d’études car c’était son rêve. Cinq années plus tard, je peux vous dire que c’était du harcèlement moral, que j’en ai souffert et que je me suis tu car il y a pire.

 

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