[C’est déjà ça – Alain Souchon]

AP-EM migrants
Echange de tweets entre E. Macron et A. Pulvar, Twitter, juillet 2017

Cette capture d’écran est un peu vieille, puisqu’elle date de juillet 2017. Elle est pourtant toujours d’actualité, puisque les migrations ne cessent pas avec la fin de l’été.

Qu’est-ce qu’une migration ?
Pour le Larousse, une migration est « un déplacement volontaire d’individus ou de populations d’un pays ou d’une région vers une autre, pour des raisons économiques, politiques, ou culturelles ». Cette définition somme toute générale place le contexte, et souligne la difficulté des populations des Etats d’accueil à comprendre pourquoi d’autres peuples immigrent chez elles.

Qui est migrant ?
Toute personne qui se déplace, donc. Pourtant, on ne leur donne pas à tous le même nom. Parfois pour des raisons juridiques, parfois par mépris. En effet, on prend souvent si vous êtes un occidental qui part s’installer aux Etats-Unis ou au Maroc : vous êtes un expat’. Si vous venez du Sénégal pour vous installer en France : vous êtes un simple migrant, avec toute la négativité qui peut être ajouté à ce terme. Pourquoi ? Probablement à cause du relent suprémaciste qui peut planer sur les sociétés occidentales, mais aussi parce que les migrants du « Sud », sont toujours considérés comme un fardeau, au contraire des migrants du « Nord ».

La définition du Larousse parle de déplacement volontaire : la personne qui migre a fait le choix de partir, pourtant ce choix est plus ou moins forcé selon les situations. C’est notamment ici que la distinction juridique intervient : le Droit fait une distinction différentes catégories de migrants :

  • les réfugiés : personne qui craint d’être persécutée en raison de sa race, de sa religion, de sa nationalité, de son appartenance à un groupe social ou de ses opinions politiques, se trouve hors du pays dont elle a la nationalité et qui ne peut pas demander la protection de ce pays en raison de la crainte de discrimination.
  • les demandeurs d’asile : contrairement aux personnes réfugiées, qui se sont vus attribuer ce statut de protection, les demandeurs d’asile sont les personnes dans l’attente de recevoir le statut de réfugié en raison des (craintes de) persécution qu’ils subissent.
  • les déplacés internes : personnes qui fuient des persécutions au même titre que les réfugiés, mais au sein des frontières de l’Etat dont ils ont la nationalité
  • les migrants : tous les autres.

La capture d’écran de l’échange de tweets entre Emmanuel Macron et Audrey Pulvar met en lumière cette distinction, et les dérives qu’elles suggèrent. Cette catégorisation juridique est nécessaire puisqu’elle permet de traiter chaque situation de la façon la plus adaptée. Mais politiquement, elle encourage à hiérarchiser la misère humaine : c’est ce que traduit la réponse d’Audrey Pulvar : peu importe les raisons, tout migrant du « Sud », qui n’a pas les moyens d’utiliser des moyens de transport sûrs, mettra sa vie en danger pour migrer. Finalement, même en l’absence de persécution, la raison qui pousse un migrant à partir doit valoir le coup de mettre sa vie en danger. Alors pourquoi minimiser leur souffrance et les risques qu’ils prennent ?

J’invite les lecteurs de cet article à y réfléchir, et à partager leurs réflexions dans les commentaires.

Sources :

http://www.larousse.fr
Convention relative au statut des réfugiés, 1951

 

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