« MOI, je n’ai rien à cacher… » vous avez forcément déjà entendu cette mélodieuse suite de mots. C’est agaçant n’est-ce-pas? Et si vous avez déjà eu recours à cette affirmation, soyez les bienvenus, on va faire un p’tit tour !

 Pour ma part, j’employais volontiers cette assertion il y a encore quelques années. Je croyais désigner un hypothétique terroriste et du haut de ma tout juste majorité, je prétendais valoir mieux que lui. Mais depuis, j’ai un peu mûri ma réflexion et je réalise que j’utilisais cette phrase pour chasser de mon esprit une question plus profonde qu’il n’y paraît. Je vous propose donc mon opinion sur cette question difficile :

N’avons-nous vraiment rien à cacher ?

Le premier biais qui m’est apparu quant à cette question, concernait la personne (physique ou morale) à qui on pourrait cacher des choses. L’omniprésence du terrorisme dans nos esprits, pousse à exclure tout autre acteur que l’État ou les autorités. Si vous consultez régulièrement mon site, vous savez que je manifeste volontiers de la méfiance à l’égard des acteurs du net, voire de la défiance, et vous voyez où je vais mais restez quand même jusqu’au twist. Si vous ne voyez aucun problème à laisser vos services préférés vous spolier de votre vie, pour la revendre à des publicitaires, qui la revendront à d’autres, jusqu’à ne plus savoir où sont passées vos informations personnelles. Pour ma part, j’en ai eu assez de recevoir des pubs pour me vendre le produit que j’ai acheté la semaine précédente. De même, c’est très agaçant de chercher ce qu’est un écarteur d’urètre et de se le voir proposé sur tous les sites qu’on visite pendant 3 semaines… Pour mes amis proches, vous connaissez ma contribution aux discussions de groupe et pour les autres, écoutez l’Apéro du Captain.

Les GAFAM ne sont pas la seule raison qui me pousse à protéger ma vie privée et les appareils qui l’hébergent. Savez-vous ce qu’est l’« ingénierie sociale » ? Il s’agit en somme de l’étude approfondie de la vie d’une personne ou d’un petit groupe, afin de ne pas éveiller la méfiance de la cible lors d’une action malveillante. Sachez que vous avez souvent donné assez d’infos à Facebook pour pouvoir prendre le contrôle de votre compte de courriel principal. Oui oui, celui que vous utilisez sur tous vos services en ligne. La magie de Facebook, c’est d’avoir réussi à nous convaincre de remplir et d’actualiser une fiche de renseignement générale particulièrement précise (et invasive). Bref, nous avons constitué volontairement une base de données presque universelle, quand les services de renseignements ne peuvent nous ficher que si nous présentons un risque pour la société.

Ce qui m’amène au second biais, il est évident que sous un régime autoritaire on veuille se protéger des autorités. Mais qu’en est-il de nos démocraties occidentales ? Pour mémoire, l’administration Trump cherche à bannir les ressortissants des pays arabes ne présentant pas d’intérêt pour son entreprise. Les autorités anglaises poursuivent Muhammad Rabbani, le directeur de l’ONG Cage, car celui-ci a refusé de déverrouiller son smartphone et son ordinateur portable de travail à la douane. Ces appareils contenant des informations confidentielles liées aux actions de défense des droits de l’Homme menées par l’ONG. Évidemment, ce sont des « petites » dérives autoritaires et pas du tout une tendance de fond à l’autoritarisme et à la surveillance généralisée… Nos sociétés occidentales sont tellement plus sages que les autres, nous sommes immunisés contre les « mauvais » régimes. Au passage, si vous lancez une petite recherche sur « montée des extrêmes en Europe », les occurrences concernent principalement le deuxième quart du siècle dernier et le premier quart de notre siècle, bonne lecture.

Maintenant que nous sommes certains que notre belle démocratie est parfaitement inébranlable, faisons l’exercice de pensée d’un basculement dans le totalitarisme. Lorsqu’un régime autoritaire s’établit, les premières mesures servent à éliminer les opposants, on assiste alors à une purification politique, ethnique et/ou religieuse. Je fais le pari qu’il est très facile de vous positionner sur ces trois axes rien qu’en consultant vos « likes » et vos « retweets ». Il est donc extrêmement simple de vous discriminer sans avoir besoin de consulter/analyser ce que vous exprimez en ligne. Repensez à votre profilage individuel volontaire et rappelez vous que l’internet n’oublie rien. Regardez ce que Facebook, Tweeter, Instagram, etc. savent de vous et demandez-vous si vous voulez que ça se sache, demandez-vous si votre fiche pourrait vous mettre en danger dans le futur.

J’ai conscience de paraître alarmiste et que personne n’aime entendre que son attitude est à risque. Mais pensez que la surveillance des masses est dans l’air du temps et que vous ne recevrez pas de faire-part avant usage de vos infos. Je vous invite donc à examiner vos pratiques au regard de ce que je vous ai raconté, chacun jugera alors de la pertinence de cet article. Pour ma part, j’espère de tout mon cœur ne pas voir ce genre de dérives, pourtant je me protège car j’estime le « gain » de livrer ma vie sur internet trop mince face au risque.

N’hésitez pas à commenter cet article, je suis curieux de connaitre vos pratiques ainsi que votre opinion sur la question.

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